En tant que cadre supérieur, ...

1 Les cadres sont devenus des exécutants

En tant que cadre supérieur, j’avoue ne plus savoir où j’en suis. Et parmi les cadres, je ne suis pas le seul dans ce cas. Il y a un vrai divorce entre l’encadrement et le Comex.  Lorsque j’échange avec mes collègues, nous faisons le même constat : la direction ne nous fait plus confiance. Nous sommes devenus des pions, des exécutants, voire des fusibles si besoin…  Le débat est confisqué et nous nous sentons de plus en plus isolés. Les RGD qui étaient mensuels sont désormais trimestriels. N’est-ce pas un signe de désintérêt de l’avis des cadres de cette maison ? Qu’est devenue la stratégie de Tanger où l’on se sentait impliqué, dans le coup ? Moi qui contribuais, hier encore, à représenter la SNCF sur la scène européenne, aujourd’hui je me sens davantage entendu et reconnu par mes interlocuteurs extérieurs que par la direction de ma boîte. C’est terrible !  J’entends rester loyal  mais sur le fond, je ne sais plus où l’on va! Ça ronronne avec un verbiage creux qui ne trompe pas.  Plus grave : il y a une perte de matière grise, de capacités et de potentiel d’efficacité dans la boîte.  Alors que faire ? Se taire ou tenter de faire passer des messages comme une bouteille à la mer ? Les organisations syndicales ont peu d’expressions sur les sujets qui me semblent majeurs. Certains discours me paraissent datés et je n’aime pas le style agressif de certains représentants syndicaux qui défendent « l’indéfendable ». Pour autant, j’apprécie les valeurs éthiques de la CGT. Je pense que le syndicalisme chez les cadres a vraiment du sens. Et si demain j’adhérais à un syndicat,  ce serait pour aller  jusqu’au bout dans mon rôle d’alerte.

Un commentaire

  1. Dalida

    7 years ago

    Sans vouloir noircir le tableau, il me semble que la généralisation des échanges par messagerie électronique est UNE des causes du mal-être exprimé ci-dessus.
    On est obligé de constater à ce stade que la bureautique quotidienne (et donc le mail) n’a pas été que progrès, puisque toute action ou demande devient un « mail » supplémentaire … qu’il faudra bien traiter à un moment ou à un autre.
    Or, ce mode d’échange – au départ asynchrone, rappelons-le – a été détourné et fait que les gens croient que le message envoyé est sitôt lu, sitôt compris, sitôt traité.
    Oui, le manager tout particulièrement n’est plus qu’un cerveau (?) qui passe son temps à cliquer / valider d’un outil à l’autre, avec toujours dans le viseur les autres « mails » qui tombent en bas à droite en même temps que lui en génère d’ailleurs. Essayez de vider une baignoire pendant que plusieurs robinets ouverts ne cessent de la remplir !
    Les anciens diront que « de mon temps aussi, le bon manager laissait sa porte ouverte et voyait défiler les malheurs successifs des uns et des autres ». Oui mais, l’avantage était que le suivant attendait que le bureau se vide avant d’y passer une tête à son tour ; au moins, on traitait un problème à la fois. Et d’ailleurs, qui vous dit que je ne laisse pas aussi ma porte ouverte en plus ??

    Pour (tenter de) se protéger :
    – Revenir aux points réguliers en tête à tête où l’on aborde avec les N-1 leurs problèmes et tous sujets … ainsi que les mails auxquels on n’aura (forcément !) pas répondu ;
    – (re)créer des réunions de service hebdo pour permettre un véritable échange ;
    – Faire comprendre à son propre N+1 que son jet de mails n’a pas forcément de sens … Mais là, bon courage.

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