0 Histoire de réforme belge…

Dans le cadre de l’organisation du système ferroviaire national, nos amis Belges ont pris un temps d’avance.

C’est en 2004 que la SNCB s’est trouvée structurée autour d’un «groupe public ferroviaire intégré». Deux entreprises, Infrabel (gestionnaire d’infrastructures) et B Mobility (transporteur) ont été placées sous une « société de tête » (B Holding). Trois structures Sociétés Anonymes de droit public.

L’engagement des dirigeants de travailler ensemble n’a pas duré.

Au fil du temps, chacun a voulu jouer sa propre partition, notamment en termes de gestion du personnel et de politique de recrutement.

L’alignement des intérêts respectifs de B Mobility et d’Infrabel, souvent divergents, devait être réalisé par la Holding. Dans les faits, ce travail de coordination et de convergence n’a jamais été fait, entraînant de nombreux et coûteux disfonctionnements. Les batailles de chefs et situations conflictuelles se multipliant, une administration tatillonne s’est mise en place avec l’objectif de contrôler, voire de contraindre l’autre partie.

Les relations historiques entre certains agents, soudainement devenues suspectes au regard de l’impartialité imposée par certaines missions, ont été proscrites … Ces errements se sont doublés d’une stratégie managériale amenant les cheminots à s’identifier à leur société de rattachement, perdant le sens de leur travail, du collectif, des coopérations nécessaires, les objectifs de service public, et ont amplifié ces phénomènes de césure.

Dans le même temps, plus de 10 000 emplois ont été supprimés ajoutant à ces désorganisations un manque de personnel.

Ces dysfonctionnements se sont trouvés amplifiés par une augmentation de la dette du ferroviaire, qui vient s’ajouter à une dette publique importante, dont la résorption ne peut oublier les cheminots.

C’est sur cette situation dégradée que s’appuie maintenant le gouvernement fédéral pour entamer une franche séparation entre le gestionnaire d’infrastructures et le transporteur. Aujourd’hui, c’est donc une structure totalement bicéphale qui se met en place, rattachant les employés à une structure commune HR Rail. Derrière cette organisation, c’est l’avenir du statut de cheminot, les conditions de travail et la protection sociale qui sont remis en cause.

Voyant les limites de l’exercice de conviction vis-à-vis des personnels, les directions d’entreprises multiplient les communications rassurantes, et autres exercices de motivation. Tant et si bien qu’aujourd’hui, le leitmotiv des dirigeants Belges est « l’excellence au service du client ». Cela nous rappelle quelque chose non !?…

D’autres articles sur le sujet dans le nouveau Cadres libres n° 10 – mai 2014

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