Avais-je le droit de ne pas être « volontaire » ?

1 Gilets rouges … (1)

Dans une grande opération de communication du président Pépy à destination de l’Elysée (cf. les remerciements entendus du 1er ministre dès le 16 juin soir !), l’entreprise a lancé un appel pour le moins cavalier aux volontaires de l’information, appel n fois réitéré, au point d’être clairement culpabilisant pour les autres agents, car il semble que le travail le plus noble à faire ces jours-là était « volontaire de l’information ».

Insultant pour le travail quotidien des agents des sièges, et des cadres de direction en particulier, notre président nous a prouvé là qu’il pouvait bien arrêter notre job quand il le voulait.

Avais-je le droit de ne pas être « volontaire » ?

En incitant fermement les non grévistes à rejoindre les gilets rouges, l’entreprise a clairement voulu partager les agents en grévistes OU gilets rouges, feignant d’ignorer qu’une 3ème catégorie (la plus nombreuse sans doute) existait de fait, la plus discrète, non gréviste certes mais respectueuse de la volonté des autres d’interpeller fortement direction et assemblée parlementaire à un moment crucial pour les agents de l’entreprise.

Rappelons ici que le but d’une grève est de désorganiser, y compris l’information aux voyageurs. En tant que cadre libre, n’avais-je pas le droit de ne pas enfiler un gilet rouge ?

D’aucuns repenseront aux blouses que des cadres d’usines enfilaient lors des visites du président Sarkozy sur le terrain … Il pouvait alors serrer des mains sans crainte de croiser un salarié désobéissant.

Une suggestion : et si – la prochaine fois- des grévistes enfilaient eux-aussi des « gilets rouges » dans les gares pour expliquer simplement les motifs de la grève aux usagers des trains ?

Un commentaire

  1. lacom

    7 years ago

    Je partage complètement cet avis. Cette position totalitaire d’un volontariat imposé avec interdiction d’accéder à notre poste de travail est non seulement insultante, humiliante vis-à-vis du travail des cadres des sièges mais aussi effroyable ; en effet, il était de notre devoir en tant que cadre libre (j’ose encore y croire) de ne pas accepter une telle position de diktat. En cela c’est effrayant, car après échanges avec de nombreux collègues aucun n’adhère à cet «ordre », mais la grande majorité n’a pas su refuser et l’a fait sous la contrainte.
    Dans cette situation, il était de notre devoir de tenir un comportement responsable et de clairement dire à notre direction « NON, ce que vous nous obligez à faire sur la contrainte n’est pas acceptable ».
    De plus, comment approuver une direction qui communique auprès des médias en faisant croire qu’il y a deux catégories de cheminots, les parias grévistes et les bons samaritains en « gilets rouges ». Que fait-on de la grande majorité qui réalisait ses tâches quotidiennes ?
    Il était de notre devoir d’avoir un comportement de cadre libre et responsable et de bien faire comprendre au président PEPY qu’il commettait une erreur.
    L’ épilogue de cette histoire de « gilets rouges » est ce spot publicitaire à la télévision ; allez voir par curiosité les réactions de nos clients sur le blog «débats.sncf ». Personnellement je suis profondément blessé d’une si mauvaise gestion de crise et je doute fort que le président ait décidé cela seul. Nos dirigeants RH copient beaucoup trop les méthodes actuelles des entreprises privées, d’ailleurs ont-ils une âme de cheminots … je n’y crois pas.
    Pour répondre à mon collègue oui, il fallait refuser d’être gilet rouge sous la contrainte et suis fier d’avoir refusé de l’être.

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