0 Pourquoi la masse salariale dérive-t-elle?

La presse, toujours bien informée des affaires internes, s’est largement fait l’écho de la dérive de la masse salariale à la SNCF. Le président, lui-même, a expliqué au Figaro que des mesures seraient annoncées en fin d’année, car malgré une baisse des effectifs de 25 000 agents sur la période 2003 /2013, la masse salariale a augmenté de 1.3 G€. Cela serait dû à « l’avancement automatique » représenté par le GVT (glissement vieillesse technicité) en augmentation de 1.9 G€ sur 10 ans, soit 1.5% par an.

Ces éléments, issus d’une étude interne qui n’a pas été diffusée officiellement, étant rendus publics, Cadres Libres s’autorise à apporter quelques commentaires. 

La masse salariale, en augmentation de 1 289 M€, a évoluée essentiellement à partir de quatre grands éléments :

  • Le GVT avec un impact de + 1 895 M€, mais qui est compensé par l’effet Noria (salariés âgés remplacés par des salariés plus jeunes et donc moins payés) de – 1 242 M€. Ce qui ramène l’effet réel du GVT à + 653 M€.
  • Les augmentations générales des salaires représentant + 818 M€ (soit + 11.8% alors que l’inflation est de + 16.6%) compensées par la réduction des effectifs représentant – 1 066 M€. De plus l’instauration d’une part aléatoire (dividende salarial) compte pour 141 M€.
  • La stratégie de l’entreprise : avec le quasi abandon du fret diffus, les nouveaux modes de production et le développement de la sous traitance, notamment pour les travaux et la maintenance de l’infrastructure, les effectifs ont évolué différemment selon les collèges (- 28,7% à l’exécution, + 30,7% pour les cadres tandis que les maîtrises restent stables), les indemnités compensant des sujétions particulières de service (travaux de nuit, de dimanche…) ont augmenté de 240 M€ soit +40% et les remboursements de frais de 96 M€, soit +13%.
  • La réforme des retraites intervenue en 2010 : l’augmentation des taux de cotisation a un impact de 97 M€, la création de l’échelon 10 vient alourdir le GVT et les agents âgés de plus de 55 ans passent de 2,6% à 9,9% de l’effectif.

 

Ces chiffres montrent que le GVT et « l’avancement automatique » dénoncé par le M. Pepy n’expliquent pas à eux seul l’évolution de la masse salariale. Si on peut considérer que la réforme des retraites est subie par l’entreprise, il n’en n’est pas de même concernant la stratégie. L’organisation du travail et le système de rémunération ont beaucoup évolué.

Pour palier la baisse des effectifs les zones d’intervention des agents ont été élargies, les horaires de travail atypiques se sont développés, les déplacements et les détachements entre régions se sont multipliés… L’augmentation des éléments variables de solde qui en découlent sont perçus et, quelques fois, présentés comme une alternative aux faibles augmentations générales des salaires. Cela génère aussi des inégalités entre les cheminots.

L’étude fait ressortir que « la flexibilité apportée par les CDD, intérim et heures supplémentaires est moins utilisée par SNCF que par les entreprises du secteur des transports », cela représente quand même environ 4 000 ETP (équivalent temps plein) en 2013.

Par contre l’étude est muette sur le coût de la sous traitance : combien d’ETP ?

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