On subit la dictature de la ponctualité et des comptes sur la sécurité.

1 Enquête sécurité: sortons du déni et agissons!

Les premières analyses de la direction concernant  l’enquête sécurité me laissent perplexe.

Il en ressort une lecture où tout est lisse ou presque. Autour de moi j’entends dire « tout ça pour ça ».  J’aimerais qu’on prenne les problèmes à bras le corps, mais je m’interroge : l’entreprise s’accordera-t-elle les moyens supplémentaires et les investissements nécessaires aux réalités du terrain ?

J’ai le sentiment qu’on se met la tête dans le sable, qu’on est dans le déni de la réalité et qu’on subit la dictature de la ponctualité et des comptes sur la sécurité.
L’enquête mentionne clairement les dangers de comportements déviants (allant parfois jusqu’aux 20% de non application stricte des procédures) concernant la sécurité. Nous avons tous les jours des exemples qui nous alertent sur le fait que des cheminots transgressent les procédures de sécurité pour répondre à la dictature de la ponctualité.  Nous en arrivons à être dans la culture du « pas vu pas pris ».

Comment ne pas s’interroger quand plus de 40% des agents ayant répondu à l’enquête -dont 1 DET sur 3-, estiment que l’entreprise ne se donne pas les moyens de ses ambitions en terme de sécurité ? Comment ne pas réagir quand 38% (40% chez les managers) pensent que la sécurité régresse ? Ce n’est pas une réécriture de certaines procédures qui résoudra les problèmes de fond ni de culture de sécurité.

Je pense important qu’on donne des suites concrètes, très concrète à cette enquête. Malgré les  réactions « langue de bois » et très « COM » de la direction, j’estime qu’il n’est pas trop tard pour réagir. Le séminaire des managers du 3 février prochain sera le premier pas.

Un commentaire

  1. Frédéric Poncet

    4 years ago

    Je crois utile d’apporter quelques commentaires d’ordre statistique sur le graphique de la page 4 .

    1) La période choisie (2008-2012) est trop brève par rapport à ce type d’évènement. Un accident avec décès de voyageurs ou blessés graves, n’arrive pas tous les quatre ans en moyenne ; il aurait donc suffit de choisir une autre période (2007-2011, ou 2009-2014) pour modifier le classement. Pour une analyse honnête du sujet, il faut des statistiques sur période longue (plusieurs décennies).
    2) L’unité utilisée pour classer les pays, le « nombre de blessés graves et tués sur le nombre de trains-km par an », introduit deux biais. Ce choix d’unité implique :
    a. Que la fréquentation des trains influe le classement. Les réseaux les moins fréquentés ont plus de chance d’être mieux classés. De plus un aléa est introduit : il aurait suffi qu’il y ait plus de monde, ou moins de monde, dans le train qui a déraillé à Brétigny (par exemple) pour que le rang de la France soit modifié. Le nombre de personnes présentes à Brétigny au moment de l’accident est totalement indépendant du « niveau de sécurité » de la SNCF.
    b. Qu’un seul accident peut suffire à modifier le classement, car un accident de train provoque souvent beaucoup de victimes. Ce biais renforce celui de la brièveté de la période.
    Le nombre de voyageurs ne doit pas être pris en compte dans l’unité : il n’a aucune influence sur le risque ferroviaire.

    Corrolaire : vouloir passer du 5ème rang au 3ème rang dans un tel classement relève de l’incantation. Quelles que soient les décisions prises, le choix de la période et de l’unité aura plus d’influence sur le classement de la France dans un tel graphique. C’est donc un outil pour légitimer n’importe quelle décision.

    Bonne réflexion.

    Répondre

Commenter cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*
Attention, ce nom sera publié. Choisissez un pseudo si vous souhaitez rester anonyme.

 

  • Newsletter